Les assemblées citoyennes, remède de la démocratie ?

Les Gilets Jaunes sont maintenant nombreux à avoir créé, ou à vouloir créer, une assemblée locale à partir du groupe qu’ils ont formé au fur et à mesure de ces semaines de lutte. On pense notamment à ceux de Commercy.

Le gouvernement a pour sa part annoncé vouloir également créer des assemblées citoyennes tirées au sort, une par région. Soi-disant pour approfondir les propositions issues du “Grand débat”.

Les deux dynamiques sont très différentes même si l’objet paraît proche. Qu’est-ce qui les différencie ? Ces deux types d’assemblée ont-ils des points communs ? Quelles sont les difficultés de chacun des deux modèles ?

Nos-communes a été créé pour défendre le principe d’assemblées locales lancées par les habitant.es, notre position est donc plutôt évidente ;-). Mais il nous paraissait quand même important de la préciser.

La légitimité ne s’invente pas

Le contexte politique dans lequel les deux types d’assemblée sont lancées n’est pas le même. Le gouvernement veut en effet lancer des assemblées régionales, par opposition aux assemblées locales qui sont nécessairement (attention, surprise !) locales. Deux différences principales peuvent toutefois être notées.

Une assemblée locale qui n’est pas lancée officiellement par une mairie mais plutôt par des citoyen.nes comme vous et moi est probablement plus difficile à animer au niveau logistique, mais est souvent bien plus active et intéressante. En effet, elle peut être un puissant facteur de lien social sur le territoire où elle est implantée. En rassemblant des gens habitant au même endroit, on les fait se rencontrer, discuter, et forcément des idées vont naître. Elle bénéficie également de la légitimité citoyenne : pas sponsorisée ou poussée par une institution quelconque, elle n’a de rendre à compte à personne d’autre que ses membres ! C’est extrêmement libérateur :-).

A l’inverse, une commission tirée au sort au niveau régional, si elle représente une avancée en terme de démocratie, ne bénéficie pas de ces effets. Poussée par le gouvernement, elle n’a pas la légitimité citoyenne : aucun.e citoyen.ne n’a demandé ces commissions. C’est le gouvernement qui les impose pour canaliser une colère dont il ne veut pas qu’elle s’exprime en dehors des cadres qu’il met en place.

L’impact de la participation locale

Alors évidemment, la commission régionale tirée au sort du Grand débat est poussée par Macron. Il y a donc plus de chances pour qu’elle aboutisse à de réelles applications politiques. Mais qui croit vraiment que ce Grand débat et ces commissions auront un quelconque impact ? Et notamment sur la politique d’un président qui a encore méprisé hier soir toute une partie de la population française lors de la galette des rois tenue au palais de l’Elysée ?

Nous croyons au contraire que c’est précisément lorsque l’Assemblée locale créée par des citoyen.nes n’est pas poussée par un pouvoir officiel qu’elle a le plus de chance de s’approprier le pouvoir politique et de changer les choses. Ouvrir une assemblée locale dans sa ville transforme le champ des possibles. Elle rend imaginables tous les futurs envisageables pour notre environnement proche.

Plusieurs assemblées locales sont ainsi déjà ouvertes, et encouragent de nombreuses listes participatives à se constituer pour les élections municipales de 2020 afin de prendre enfin un pouvoir qui nous appartient. C’est là que réside pour nous le véritable intérêt des assemblées citoyennes : pas dans la légitimation d’une politique nationale toujours plus méprisante envers sa population, mais dans l’appropriation progressive de l’imaginaire et du pouvoir au niveau local.

Pour en savoir plus, suivez l’actualité de Nos-communes ! Nous relayons toutes les nouveautés concernant les assemblées locales en création et les listes municipales en construction.

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